JOUR 3
Lever très tôt à 4H00 du matin pour un départ 5H00 de la caravane
de course vers le lieu du départ. Mon Sunn
Shamann est chargé sur un énorme pick-up et nous partons
pour 30 minutes de route, tous les challengers ensembles. Déjà,
deux blessés suite au trail ne participeront pas à la troisième
épreuve.
Sur les lieux du départ, nous retrouvons tous les participants au
100 km, venus spécialement pour cette épreuve.
A noter le ridicule
de la fédération québecoise de cyclisme (FQSC) qui ne
reconnaît pas cette épreuve et menace de pénaliser les coureurs
cyclistes adhérants en cas de participation. Une telle bêtise est
affligeante et là encore, nous pouvons voir à quel point le rôle de
l’argent et des intérêts égoïstes dans les fédés peuvent
nuire au sport et freiner de très belles organisations. Comme par
hasard, naturellement, sachant que j’étais français, des
coureurs sont venus me voir pour se plaindre et souligner cet état
de fait, se disant désolés et ecoeurés de cette situation.
Départ rapide et roulant, il faut en profiter car le parcours
n’est pas réputé rapide. Le flot des bikers s’étend et
nous attaquons les sentiers monotraces qui nécessitent parfois de
marcher et où il est nécessaire d’avoir une transmission très
bien réglée car les twisters ou shifters sont incessemment
sollicités.
Petite moyenne sur les 15 premiers kilomètres, puis un peu de
roulant qui fait espérer pouvoir voir défiler les kilomètres, mais
il n’en est rien, les pistes paraissant roulantes sont molles
et il n’y a pas moyen de bien lancer la machine, surtout que
pour les challengers, les jambes ont encore le trail qui leur
pèse.
Jusqu’au kilomètre 68, j’alterne VTT, portages,
poussettes sur des chemins très variés. Cette
épreuve est au VTT ce que le Camel Trophy est à la voiture,
avec des sentiers improbables, mais personne
ne se plaint, on est venu pour avoir notre dose et Dan DeRosiers,
le grand gourou, y veille constamment.
Après le cutt-off, les chemins deviennent
plus roulants mais pas forcément plus rapides, avec
l’ascension du Mont Tremblant
par une piste, puis la descente (garnie de quelques sacrées
grimpettes) qui durera 20 km.
La désescalade du Mont Tremblant est très technique, avec des blocs
rocheux, racines, galets, des passages étroits entre les arbres,
des passerelles type North Shore, il faut assurer et
s’appliquer sur les trajectoires, impossible de prendre de la
vitesse, les freins chauffent mais je me régale, presque tout passe
sur le vélo.
Mais si pour une fois j’ai l’impression
d’avancer, la descente ne finie pas, j’entends les
clameurs de l’arrivée mais cela ne fini jamais et au moment
de basculer sur le rush final, le bénévole d’un point de
contrôle m’annonce une dernière boucle de 20 minutes avant de
pouvoir me diriger vers le finish.
A bout de forces, il fait chaud, l’eau de ma poche à eau est
chaude, mes poignets qui ont déjà souffert du kayak me font mal, je
m’empresse de me jeter dans la descente pour boucler la
boucle, et là, je descends, je descends, sachant qu’il va
falloir remonter tout çà pour repasser au point de contrôle, mon
moral baisse au fur et à mesure de l’altitude. Cette descente
très technique va s’enchaîner avec une remontée sur un «
sentier à chevreuil » comme les appelle les québecquois, sentier
ouvert quelques jours plus tôt mais magnifique, avec le passage
auprès d’une chute d’eau où l’envie de me baigner
me saisie fortement. Mais le désir de passer
la ligne et d’être le premier français finisher de
l’Ultimate Xc domine et je me refais une santé, termine
l’ascension et m’élance dans la partie finale pour
passer la ligne d’arrivée en 11H36.
A titre de comparaison, Christophe avait couru les 100 km de Millau
15 jours auparavant en 8H00, et il mettra 13H00 pour couvrir les
100 bornes du parcours de l’Ultimate XC.
Voilà, c’est chose faite, là encore, remise des souvenirs au
passage de la ligne avec la médaille des 100 km VTT et celle de
Finisher Full Solo, celle pour
laquelle je suis venu, et rejoindre le club très fermé des
finishers de cette formidable compétition.
Bilan :
Christophe Derouch, qui a
également participé à la compétition, confirmera mes propos qui
peuvent vous assurer combien cette course est belle et fantastique.
Je vous encourage à enjamber l’océan pour y participer. Cela
demande un peu d’organisation, mais en se motivant
mutuellement, pour courir le solo ou en équipe, diviser les
dépenses pour l’hébergement et les frais hors course, vous
pouvez vous lancer dans l’aventure, sous réserve d’une
bonne préparation physique et d’une bonne motivation.
Pourquoi ne pas partir en famille et passer une semaine ou deux
inoubliables à Mont Tremblant et au Québec.
Pour préparer votre projet, vous trouverez tout aisément sur la
toile et au besoin, n’hésitez pas à me
contacter par l’intermédiaire du magazine ou par la page
Facebook de ce dernier.
Un pack pour coureurs européens est également en prévision pour les
éditions futures.
Pour finir, un grand merci à Dan, grand instigateur de cette belle
organisation, ainsi qu’à son équipe et à tous les bénévoles
sur les courses, toujours très serviables et souriants, chaleureux
comme tous les Québecois, un grand merci et un grand bravo à tous
les participants, tous acteurs de cette très belle ambiance et un
gros coup de cœur pour cette course et cette région.
Le site de la course : www.ultimatexc.com
Résultats Full Solo
Challengers :
1- Bob Miller - Ontario – Canada – total de 23H18
2- Benoît Letourneau – Ontario – Canada
3- Erik Grimm – New York – US
5- Patrick Lussier – Québec
10- Jennifer Moos – Floride – US – 28H31
– 1ère féminine
14- Patrick Lamarre- Aveyron ;- ) France –
30H00
16- Christophe Derouch – France- 33H11